Sigiriya, le rocher du lion du Sri Lanka

25 Juillet 2012

On ne peut nier que le Sri Lanka est une terre d’histoire. Le passé du Sri Lanka est en effet riche et l’histoire de Sigiriya est parmi les plus incroyables. Trahisons, paranoïa, grands travaux… et merveilles architecturales ! Sigiriya est un cocktail intense et incroyable qui vous laissera sans voix, venez découvrir cette merveille du Sri Lanka.

 

Sigiriya, aussi appelé le rocher du lion, est sans conteste l’une des merveilles du Sri Lanka. Ce fût d’ailleurs pendant plusieurs années la capitale de Ceylan. Certes, le Sri Lanka a vu défiler les capitales dont Anuradhapura et Kandy jusqu’à l’actuelle capitale Colombo… mais Sigiriya est bien plus qu’une simple ville. Rêvée comme une forteresse imprenable par un souverain apeuré, sa démesure n’a d’égale que son caractère exceptionnel. Située en plein centre du Sri Lanka, à 160km de Colombo, Sigiriya a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO et a été restaurée partiellement depuis le milieu du XX°s par les autorités sri lankaises. C’est un passage obligé lors d’un circuit au Sri Lanka.

 

On retrouve néanmoins toujours l’âme de Sigiriya et on peut imaginer la grandeur passée de ce chef d’œuvre technique et architectural. Sigiriya reste mystérieux et de son passé antique on sait assez peu de choses. En effet, les premiers récits datent du V°s, époque à laquelle Sigiriya devint la capitale du Sri Lanka. Néanmoins, des signes ont été observés dans une grotte démontrant que cet endroit exceptionnel était déjà habité avant l’installation du souverain sri lankais et de sa cour.

 

L’histoire de Sigiriya au Sri Lanka, aventure et rivalités

 

Kassapya est celui grâce à qui Sigiriya va devenir ce que l’on en voit actuellement. A la fin du V°s, Kassapya, le fils du roi, entre en conflit avec son frère aîné à qui, selon les règles du royaume, revient le trône.

 

La capitale est à ce moment-là Anuradhapura. Il fomente un complot, tue son père et prend les rênes du royaume. Il contraint son frère à l’exil en Inde mais celui-ci promet de revenir, de reprendre le trône auquel il était destiné et de venger son père. Kassapya, par précaution, décide de quitter Anuradhapura et de s’installer à Sigiriya pour être bien préparé lorsque son frère reviendra – ce dont il ne doute pas.

 

Pour installer sa nouvelle capitale, Sigiriya, il choisit cet immense promontoire rocheux culminant à 370 mètres qui semble imprenable et qui est, en outre, situé près d’une source d’eau. Une impressionnante forteresse est construite au sommet de Sigiriya, celle-ci est entourée de deux rangées de murailles et de fossés au Sud et à l’Est (une épaisse jungle empêchant l’invasion par l’Ouest et le Nord).

 

Un ingénieux système permet d’amener l’eau jusqu’à Sigiriya afin d’alimenter la piscine du roi, les citernes et réservoirs de la forteresse. Des gardes sont postés tout autour de la forteresse afin de sécuriser les lieux et de repérer les éventuelles tentatives d’invasion. Kassapya passe 18 ans à Sigiriya, la plupart du temps retranché dans son palais avec servants et courtisanes. Son frère Mogallana, réfugié en Inde, y lève une armée avec l’aide d’un râja.

 

Il revient finalement au Sri Lanka et trouve Anuradhapura abandonnée. Il finit par découvrir l’endroit où son frère s’est retranché. Comprenant la difficulté d’attaquer de front cette forteresse à laquelle on n’accède que par une succession de marches, il décide d’assiège le rocher. Or Kassapya a pensé à tout sauf à la problématique d’approvisionnement de sa forteresse… Le souverain se rend sans combattre à son frère après une semaine. Il est exécuté et Sigiriya est alors abandonnée.

 

La forteresse de Sigiriya au Sri Lanka

 

Sri lanka Sigiriya demoisellesLa forteresse de Sigiriya n’avait rien d’un donjon lugubre, au contraire ! Une fois arrivé en haut, on voyait jardins aménagés, herbe rase et arbres élégamment disséminés. On ne pouvait pas manquer la piscine de l’empereur qui s’étendait sur près d’un centaine de mètres carrés.

 

Les ingénieurs sri lankais étaient nettement en avance par rapport aux Européens concernant l’irrigation notamment, c’est ainsi qu’ils purent amener l’eau courante à Sigiriya et même faire des jets d’eau. Le palais royal était lui une large bâtisse de 2 étages tout en pierre ce qui est exceptionnel à cette époque, les étages étaient généralement faits en bois. A cette époque, l’accès au rocher de Sigiriya n’est possible que par la face sud qui est gardée par de nombreux soldats.

 

Pour monter au sommet, il faut emprunter des escaliers en pierre puis en bois. On passe devant  les demoiselles de Sigiriya, peinture de femmes –courtisanes ou nymphes - réalisée sous le règne de Kassapya à flanc de rocher. L’ascension de Sigiriya se poursuit en direction de la face ouest du rocher. Sur le chemin, une grande terrasse est présente avec quelques constructions. Cela permet de se reposer au cours de l’ascension.

 

Une statue de 10 mètres d’un lion marque l’entrée de la forteresse. Afin de ralentir la progression, les dernières marches sont de hauteurs diverses et certaines ne font pas plus de 10 millimètres de largeur ! A noter également qu’on ne redescend pas par le même chemin, Kassapya souhaitait pouvoir contrôler l’entrée et la sortie de quiconque.

 

Sigiriya aujourd’hui

 

Sigiriya a été laissé à l’abandon jusqu’au milieu du XX° siècle où les autorités ont rétabli le passage jusqu’au sommet du rocher. De l’imposant lion qui gardait l’entrée, il ne reste que des pattes aujourd’hui, du palais, il ne reste que les fondations et un morceau de mur.

 

La piscine est-elle très bien conservée. Même si la montée jusqu’au sommet de Sigiriya est une véritable épreuve, cela vaut la peine, ne serait-ce que pour le panorama incroyable que l’on a depuis le sommet : jungle tachetée de villages, le pic d’Adam au loin, le réservoir d’eau qui alimentait la ville et une perspective à couper le souffle sur les paysages alentours. Sigiriya voit affluer de nombreux touristes mais a aussi attirée de nombreux essaims de frelons depuis quelques années.

 

Ces frelons attaquent régulièrement les personnes gravissant le rocher, des cages grillagées ont ainsi été aménagées pour que les guides et les touristes puissent se mettre à l’abri en cas d’attaque. Exterminés plusieurs fois, les essaims se sont reformés en quelques mois grossissant encore. Les autorités ont finalement décidé de les laisser en paix. La légende veut aujourd’hui que ce soit les gardiens de Sigiriya qui attaquent lorsque les visiteurs ne sont pas les bienvenus.

 

Le Sri Lanka recèle des trésors insoupçonnés, Au Cœur du Voyage vous propose des circuits inédits à la rencontre de cette terre envoutante.