Hôtel: comment le secteur affronte la concurrence d’Airbnb

29 Août 2017

Comment les hôtels parisiens luttent face à Airbnb ?

 

Le développement de plateformes telles qu’Airbnb provoque une sérieuse inquiétude. La mairie de Paris a ces pratiques dans le collimateur, puisqu’elles défavorisent les parisiens qui souhaitent devenir locataires pour une longue durée, au profit des touristes à la nuitée. Mais le monde du travail en hôtel est lui aussi mis en péril, à tel point que les enseignes de la capitale ont ouvert les hostilités.

 

Miser sur le haut-de-gamme de l’hôtel

 

L’une des solutions qui s’offrent à l’hôtellerie est bien sûr de mettre en avant ses atouts. Un hôtel de charme a toutes les chances de séduire une clientèle touristique en quête d’originalité et d’authenticité. Car en venant à Paris, les touristes cherchent avant tout à s’imprégner de la culture et de l’aura de la Ville Lumière. La localisation géographique, l’emplacement, la proximité avec tel ou tel monument historique sont donc autant d’avantages à faire valoir.

 

La qualité du service de l’hôtellerie est également à mettre en avant. Si les prix d’Airbnb défient la concurrence, c’est entre autres parce qu’aucune prestation autre que le logement n’est proposée par les annonceurs. Et lorsque c’est le cas, elles ne sont pas taxées.

 

Les grandes enseignes parisiennes l’ont donc bien compris : pour lutter face à cette pression souvent jugée déloyale, elles doivent jouer de leurs spécificités. Et elles savent très bien le faire !

 

Mettre en place des mesures de régulation

 

Le terrain de la prestation n’est pas le seul champ d’action occupé par les professionnels du tourisme. Pour un hôtel de la capitale, il est difficile de se battre à armes égales contre des plateformes de ce genre. La location entre particuliers n’a pas à assumer les mêmes charges fiscales. Par exemple, même si un propriétaire décidait de facturer des services de chambre, il ne paierait pas les mêmes taxes qu’un hôtel.

 

Les professionnels du secteur réclament donc au gouvernement la mise en place de véritables mesures de régulation. Depuis 2015, l’UMIH (union des métiers et des industries de l’hôtellerie) met en avant plusieurs propositions:

 

*  Interdiction de la nuitée: les locations devraient être réalisées sur une durée minimale de 7 jours.

 

*  TVA obligatoire: à partir du premier euro dépensé entre particuliers, une taxe devrait être imposée.

 

*  Démarches administratives obligatoires : ceci afin de filtrer les particuliers les plus déterminés à passer par ces plateformes.

 

*  Accord de copropriété: les copropriétaires, directement concernés par les soucis provoqués par ces pratiques (nuisances sonores, sentiment d’insécurité…), devraient pouvoir octroyer ou non leur accord pour qu’un logement soit mis en location via Airbnb.

 

Ces propositions s’accompagnent d’une autre revendication afin que chaque hôtel de la capitale retrouve ses couleurs : l’encadrement des plateformes de location entre particuliers. Ceci afin qu’elles soient contraintes et limitées par les mêmes lois qui touchent le secteur professionnel (plus d’informations sur les revendications de l’UMIH sur ce lien).

 

Le problème posé par Airbnb

 

Les professionnels du secteur ne sont pas les seuls à être alarmés par l’essor important de ces pratiques. Dans leur lutte, les patrons d’hôtel peuvent sans doute compter sur la mairie de Paris. En effet, cette dernière estime préoccupante le développement incontrôlé de ces locations entre particuliers dans la capitale (à voir ici).

 

D’une part, ce phénomène privilégie les séjours touristiques de courte durée aux contrats de bail sur le long terme. De ce fait, les parisiens sont défavorisés dans le cadre de leur recherche de logement.

 

D’autre part, cela provoque une diminution de la population dans les quartiers touristiques, alors même que des politiques d’aménagement et de construction de biens neufs sont mises en œuvre chaque année. Un paradoxe qui fait grincer des dents, et qui plaide en faveur des revendications des hôteliers.